Le vol de marchandises a considérablement augmenté ces dernières années. Les criminels n'ont plus besoin de s'introduire de force dans un camion ou de s'infiltrer dans un entrepôt. Aujourd'hui, les vols de marchandises assistés par ordinateur reposent sur la manipulation numérique pour réacheminer les envois avant que quiconque ne réalise ce qui s'est passé.

L'ampleur du problème ne cesse de croître. Le nombre d'incidents de vol de marchandises aux États-Unis et au Canada a atteint 3 625 en 2024, soit une augmentation de 27 % par rapport à 2023, la valeur moyenne d’un vol dépassant 200 000 $1. Au cours du seul premier semestre 2025, on a constaté une augmentation de 33 % par rapport au deuxième trimestre 2024. Les produits électroniques, le cuivre, les aliments et les boissons sont les cibles les plus fréquentes.2

Ce vol de marchandises « stratégique » exploite les vulnérabilités des entreprises dans la chaîne d'approvisionnement numérique. Les criminels peuvent désormais voler des marchandises d'une valeur de plusieurs millions de dollars en utilisant le piratage psychologique, l'usurpation d'identité et de fausses structures de courtage.

Les criminels utilisent plusieurs tactiques sophistiquées pour mener à bien ces stratagèmes, notamment :

  • Lacunes en matière d'authentification — Les malfaiteurs exploitent la faiblesse des protocoles d'intégration et de vérification. Certains acquièrent des numéros USDOT légitimes, ce qui confère aux sociétés-écrans une crédibilité instantanée pour contourner les vérifications de base.
  • Double courtage et enlèvements fictifs — Les activités liées au double courtage ont augmenté de près de 400 % dans certaines régions[3]. Les criminels obtiennent les droits d'expédition (souvent par usurpation d'identité), puis revendent le chargement à un transporteur légitime qui ne se doute de rien, livrant la cargaison à un entrepôt contrôlé par des criminels au lieu de la destination prévue.
  • Usurpation d'identité et imposture — Le vol de marchandises par piratage psychologique est en hausse. Les voleurs usurpent l'identité des transporteurs routiers et des courtiers en utilisant des tactiques semblables à celles utilisées pour la compromission des courriels professionnels. En créant des domaines de courriel presque identiques ou en s’infiltrant dans de vraies boîtes de réception, ils peuvent se faire passer pour des transporteurs légitimes et accéder aux affectations de chargement et aux instructions de livraison.
  • Chapardage — Les criminels modifient électroniquement les connaissements et ne retirent qu'une ou deux palettes par envoi. Le vol passe souvent inaperçu jusqu'aux décomptes des stocks ultérieurs.

Plusieurs facteurs alimentent cette hausse, notamment les réseaux du crime organisé opérant dans les régions à forte densité de fret comme la Californie et le Texas aux États-Unis et l'Ontario au Canada4. L'expansion des plateformes de chargement numériques et des plateformes de courtage en ligne, qui ont créé de nouveaux vecteurs d'attaque, contribue également à perpétuer ces vols5, ainsi que les marchés de revente qui facilitent l'écoulement des marchandises volées, perpétuent également ces vols.

L'impact réel sur les entreprises

Le vol de marchandises représente désormais une menace opérationnelle et financière majeure pour les transporteurs et les courtiers en fret, en raison de la dangereuse convergence entre le risque cybernétique, la perturbation des opérations et les défis en matière d'assurance.

Dans un exemple récent, des criminels ont créé de faux profils de camionneurs, falsifié des signaux GPS et envoyé des courriels convaincants, accompagnés de photos de pannes fabriquées de toutes pièces, pour expliquer le retard de livraison d'une marque de tequila très connue. L'entreprise ne s'est aperçue de rien avant plusieurs semaines, a perdu 1 million $ en produits et a dû licencier des employés.

Les complications en matière d’assurance intensifient le problème. Les transporteurs routiers souscrivent souvent une assurance des marchandises, mais ne disposent pas d'une couverture cyber. Lorsqu'un sinistre est lié à une cyberattaque, les polices d'assurance des marchandises peuvent ne pas intervenir. Les produits très convoités comme les aliments et les boissons, l'alcool, les appareils électroniques et les produits pharmaceutiques font également l'objet d'une surveillance accrue de la part des assureurs.

Comment éviter d'être ciblé

La seule réponse efficace au vol stratégique de marchandises est la prévention. Voici plusieurs mesures à prendre :

  1. Former le personnel, y compris les chauffeurs, les répartiteurs et les équipes du service à la clientèle, à repérer les signaux d'alerte.
  2. Mettre en place une vérification d'identité à plusieurs niveaux (y compris l'authentification du numéro de téléphone, la validation du domaine et les contre-vérifications MC/DOT). Exiger des pièces d'identité vérifiées pour les chauffeurs et confirmer les détails de l'enlèvement et de la livraison par plusieurs canaux.
  3. Mettre à jour les contrats afin de clarifier la responsabilité en cas de double courtage, d'usurpation d'identité et d'erreurs d'acheminement.
  4. Travailler avec un courtier d'assurance pour identifier les lacunes entre la couverture des marchandises, cybernétique et criminelle, en veillant à ce que les limites correspondent aux tendances actuelles en matière de pertes.

Contactez un conseiller en assurance transport de HUB pour en savoir plus sur la façon de protéger vos marchandises contre le vol dans le contexte d’aujourd’hui.


1 Verisk CargoNet, « 2024 Supply Chain Risk Trends Analysis », 21 janvier 2025.
2 National Insurance Crime Bureau, « Cargo thieves boosted 33% more freight than a year ago: Report », 12 août 2025.
3 Transport Topics, « Reports of Double-Brokering Increase », 10 avril 2023.
4 Overhaul, « États-Unis et Canada : rapport annuel 2024 sur le vol de marchandises », consulté le 22 novembre 2025.
5 DiMarket, « Tendances et analyse de la croissance du secteur des bourses de fret », 5 mai 2025.